Personalité: Jess Owens (US)

Madani Rafiek pour ENAB

Image illustrative de l’article Jesse Owens
Image Wikipedia

James Cleveland Owens AKA Jesse Owens (né le 12 septembre 1913 à Oakville et décédé le 31 mars 1980 à Tucson) est un athlète américain considéré comme le premier sportif noir de renommée internationale, et comme le meilleur sprinteur de l’entre-deux-guerres.

Quadruple médaillé d’or lors des Jeux olympiques d’été de 1936 à Berlin, il a par ailleurs amélioré à plusieurs reprises les records du monde du 100 mètres, du 200 mètres et du saut en longueur, discipline dans laquelle sa performance de 8,13 mètres réalisée en 1935 resta inégalée durant plus d’un quart de siècle.

Les Jeux Olympiques de 1936

L’affiche officielle des JO de Berlin glorifie l’idéal Nazi.
Image Granger NYC

Le 20 juin 1936 à Chicago, Jesse Owens bat le record du monde de 100 m en 10 s 2. Un mois et demi plus tard, aux jeux Olympiques d’été de 1936, qui se déroulent au Stade Olympique de Berlin, Owens remporte quatre médailles d’or, sous les moustaches d’Adolf Hitler.

La réaction d’Adolf Hitler était à la fois anecdotique et intéressant. Un point révélateur de la manière dont les questions était perçues alors, en Allemagne bien sûr mais aussi aux Etats-Unis.

Les nazis face à de si brillant succès de la part d’un athlète américain et noir , Hitler chantre de la supériorité de la race aryenne fut, selon les mémoires d’Albert Speer, très agacé .

On sait que lors de la remise des médailles du 1er août, le Führer ne serra les mains que des vainqueurs allemands, avant de décider de ne plus assister aux cérémonies de remises de médailles.

Une des légendes qui entourent la participation d’Owens aux Jeux raconte qu’Hitler, furieux de voir un Noir triompher, aurait refusé de lui serrer la main.

En fait, le 2 août, Hitler reçoit dans sa loge des athlètes allemands vainqueurs des épreuves du jour pour les féliciter, puis il quitte le stade avant que l’athlète américain noir Cornelius Johnson, qui a remporté le concours du saut en hauteur, ne reçoive sa médaille. Les officiels font alors savoir au chancelier allemand qu’il doit, soit féliciter tous les vainqueurs, soit n’en féliciter aucun. Hitler choisit de ne plus en féliciter aucun.

Owens, pour sa part, affirma dans ses mémoires qu’Hitler ne l’avait pas snobé et lui avait fait un signe de la main lorsqu’il était passé devant sa loge: « Quand je suis passé devant le chancelier, il s’est levé, a agité la main vers moi, et je lui ai fait un signe en retour. Je pense que les journalistes ont fait preuve de mauvais goût en critiquant l’homme du moment en Allemagne » (« When I passed the Chancellor he arose, waved his hand at me, and I waved back at him. I think the writers showed bad taste in criticising the man of the hour in Germany. »). Et Jesse Owens ajoute à ce propos : « Hitler ne m’a pas snobé, c’est notre Président qui m’a snobé. Le Président ne m’a même pas envoyé un télégramme. », ajoutant également « Après ces histoires d’Hitler qui m’aurait snobé, à mon retour aux États-Unis, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant des autobus, je devais m’asseoir à l’arrière, je ne pouvais pas vivre là où je le voulais », pointant du doigt la ségrégation raciale aux États-Unis de l’époque.

En 2009, le journaliste sportif allemand Siegfried Mischner affirme que Jesse Owens avait en sa possession une photo de lui-même serrant la main à Adolf Hitler, et dit par ailleurs avoir assisté en personne à la poignée de main, mais que la presse avait alors décidé de ne pas publier la photo pour ne pas donner une image positive du dirigeant du Troisième Reich.