Et l’Europe dans la crise libanaise…

Par Rafiek Madani pour ENAB

L’instrument européen de voisinage (ENI) est le principal instrument de financement de l’UE pour la coopération bilatérale au Liban. L’aide bilatérale est encadrée par un document de programmation pluriannuel qui est convenu avec le gouvernement et qui définit les domaines prioritaires pour le soutien de l’UE pour une période de 3 à 4 ans. Le programme pluriannuel est ensuite traduit chaque année en programmes spécifiques mis en œuvre sur le terrain.

Le soutien financier bilatéral de l’instrument européen de voisinage pour le Liban pour 2017-2020 se concentre sur : la promotion de la croissance et de l’emploi, la promotion de la gouvernance locale et du développement socio-économique, la promotion de l’État de droit et le renforcement de la sécurité/contre le terrorisme. Le Liban bénéficie également des programmes régionaux de l’instrument européen de voisinage concernant l’économie, l’énergie, les transports, la sécurité, l’égalité des sexes, l’environnement, la justice, les médias et la jeunesse.

L’UE a contribué à hauteur de plus de 1,4 milliard d’euros depuis 2011 pour aider à répondre aux besoins des réfugiés syriens et des Libanais vulnérables touchés par la crise syrienne dans les domaines de l’éducation, des moyens de subsistance, de la santé, de la protection, de l’assistance sociale et du secteur de l’eau.

Lors de la conférence CEDRE (« Conférence économique pour le développement, par les réformes et avec les entreprises ») en 2018, l’UE a annoncé un montant maximum de 150 millions d’euros de subventions qui pourraient être utilisées pour générer jusqu’à 1,5 milliard d’euros de prêts concessionnels pour l’investissement au Liban (15 millions d’euros déjà engagés en 2018 pour un programme d’assistance technique à l’appui des réformes), sous réserve de la mise en œuvre de réformes économiques, sectorielles et de gouvernance spécifiques. Très peu de projets ont été effectivement financés en raison de l’absence de progrès dans les réformes convenues.

Le financement de l’UE est soumis à un suivi, des audits et des évaluations rigoureux.

Veuillez trouver ci-dessous la ventilation financière de notre aide au Liban :

Actuellement le Liban est dans une période instable, d’une part la crise institutionnelle et de crise de confiance vis-à-vis des institutions et d’autre part le Coronavirus, qui n’arrange en rien la situation.
L’Union Européenne est également dans une position difficile, néanmoins elle veut s’assurer que les fonds octroyés ne sont pas détournés au profit des politiciens corrompus.

L’Union Européenne ne veut pas pointer du doigt accusateur sur le Liban en tant qu’Etat souverain.

Rappelons-le, le Liban est un Etat souverain et ni la France, ni l’Angleterre, ni l’Union Européenne n’ont à se mêler dans la façon que le Président Libanais Michel Aoun dirige son pays. Admettons que l’Union Européenne laisse tomber financièrement le Liban, cela ne profitera qu’aux extrémistes dans le pays même et les pays tel que la Syrie.

En cas de malversations des fonds européens, nous pouvons procéder à une sanction ciblée. En comptant sur la collaboration de l’état.

Sans parler de l’inaction qui n’est pas une solution. La crise libanaise n’est point passée mais elle est en arrêt par le coronavirus.