La Chine, un gros problème géopolitique!

Rafiek Madani pour ENAB

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Image Wikipédia: Canuckguy

Lorsque l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé la formation d’un nouveau pacte de sécurité entre eux, la Chine a réagi par des menaces à peine voilées adressées à Canberra. Se sentant mis à l’écart, le gouvernement français a également exprimé son indignation – mais tant Paris que Pékin devront se faire à cette nouvelle réalité…

L’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis ont annoncé la formation d’un pacte de sécurité trilatéral sous l’acronyme AUKUS.

Selon la communication officielle, le projet de défense maritime comprendra :

  • une coopération aérienne renforcée grâce au déploiement par rotation d’aéronefs américains de tous types en Australie, ainsi qu’à une formation et à des exercices appropriés des aéronefs
  • une coopération maritime renforcée en augmentant les capacités logistiques et de soutien des navires de surface et sous-marins américains en Australie
  • le renforcement de la coopération terrestre par la réalisation d’exercices plus complexes et plus intégrés et par un engagement combiné plus important avec les alliés et les partenaires dans la région
  • la naissance d’une entreprise combinée de logistique, de soutien et de maintenance pour soutenir la guerre haut de gamme et les opérations militaires combinées dans la région.

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Cette coopération viendra compléter le Quad existant, une alliance entre l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis. L’AUKUS reflète les liens particulièrement étroits entre Washington, Londres et Canberra, qui partagent des technologies militaires hautement confidentielles. Le Quad et l’AUKUS sont tous deux le résultat du comportement de plus en plus affirmé de la Chine dans la zone indopacifique. Cette synergie est probablement facilitée par les Five Eyes, un partenariat en matière de renseignement entre les pays anglo-saxons traditionnellement proches que sont l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Source TLDR News

Réactions

Image Pixabay – Samilustrando

Pékin a réagi avec indignation. Il a même été suggéré que l’Australie, une puissance non nucléaire et signataire du pacte de non-prolifération, pourrait devenir la cible d’attaques nucléaires pour avoir accueilli des bases américaines. (Sous le couvert) de la diplomatie, les médias chinois n’ont pas mentionné qui serait l’attaquant).

Le nouveau pacte a démarré de manière ostensible. L’Australie a annulé un contrat pour l’achat de sous-marins à la France, acceptant à la place de construire huit sous-marins à propulsion nucléaire avec la technologie américaine – que les États-Unis ne partagent généralement pas, même avec leurs alliés. Canberra a souligné que les sous-marins ne transporteraient pas d’armes nucléaires, car la législation du pays interdit l’armement nucléaire. Comme les sous-marins ne seront pas prêts avant 2030, l’Australie pourrait en louer certains dans un avenir proche.

La transaction a été vivement critiquée par la Chine, qui a fait valoir que les promesses de ne pas armer les sous-marins d’armes nucléaires ne représentaient pas grand-chose. La réaction la plus vive est venue de la France, même s’il ne fait aucun doute que Canberra paiera toutes les pénalités convenues pour l’annulation du contrat. Paris a fait des déclarations sévères, affirmant que les États-Unis ne sont pas fiables et que l’Australie a trahi un allié proche. Les ambassadeurs ont été rappelés de Washington et de Canberra.

C’est un acte sans précédent qui montre à quel point les Français se sentent humiliés. La situation leur a ôté l’illusion que l’Amérique post-Trump considérerait la France comme un allié de premier plan. Elle a également sapé l’importance de la France en tant qu’acteur dans le Pacifique. Il y a deux territoires français d’outre-mer là-bas. Paris reconsidère également son avenir au sein de l’OTAN. Paris aura besoin d’opérations pour sauver la face afin de rétablir les discussions diplomatiques nécessaires.

Menaces

La transaction américano-australienne ne visait finalement pas la France. Les mesures de répression prises par le président Xi Jinping à l’égard de la société, de l’économie et du parti montrent que la Chine se prépare à agir selon ses desseins hégémoniques. Sa présence étrangère croissante et ses investissements militaires vont dans le même sens. Il est compréhensible que l’Australie se sente profondément menacée. Une association étroite avec les États-Unis fournira une dissuasion efficace, et les sous-marins à propulsion nucléaire sont bien plus puissants que les sous-marins diesel conventionnels. Ils sont plus difficiles à détecter et peuvent rester immergés beaucoup plus longtemps. Mais cette décision a tout de même touché une corde sensible à Paris, tout comme la décision de la Suisse d’acheter des avions de combat américains F-35 au lieu de l’Eurofighter Typhoon ou du Rafale français. Depuis, le président Macron a refusé de rencontrer les membres du gouvernement suisse.

Image Pixabay – ho7dog

Mais qu’en est-il de l’Union européenne et des autres pays européens ? Bruxelles et Berlin font des déclarations assez précises sur leur rôle « important » dans l’Indopacifique. Ursula von der Leyen a abordé la question, mais sans résultats tangibles jusqu’à présent. On peut dire la même chose des relations avec la Chine. Bruxelles et des pays comme l’Allemagne sont coincés entre leurs revendications de supériorité morale et leurs intérêts commerciaux. Cette faiblesse et cette indécision peuvent conduire aux pires résultats sur les deux fronts : compromettre les valeurs et perdre le marché chinois. Étonnamment, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a adopté une politique similaire et espère éviter le conflit, alors qu’il est confronté aux mêmes défis que l’Australie.

AUKUS est un signe très clair que les pays anglo-saxons combattront les aspirations hégémoniques de la Chine par tous les moyens disponibles. L’Europe (notamment les grands pays comme l’Allemagne et la France, mais aussi la Commission européenne) et la Russie devront définir leur position. Malheureusement, l’Occident fait pression sur la Russie d’une manière qui rapproche Moscou de Pékin. Le Kremlin a tendance à opter pour des politiques pragmatiques ; l’objectif principal de l’administration russe est de maintenir la souveraineté du pays.

Site Web à l’honneur

Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty Organisation